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Tombeau du Pape Alexandre VII du Bernin 16 mars, 2013

Classé dans : Histoire,histoire de l'art,mes voyages — MyArtMag @ 11:19

Cela n’a pas dû vous échapper, nous avons eu cette semaine un nouveau Pape ! Il a bien faillit usurper le nom d’un de nos plus célèbre roi mais au final nous le nommerons le Pape François !

    Pour cette occasion j’ai choisi de vous présenter une sculpture magnifique du Bernin représentant…un Pape ! Voici le tombeau du pape Alexandre VII se trouvant…à St Pierre de Rome ! J’ai eu la chance de le voir de mes propres yeux et c’est un tombeau des plus impressionnants.

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Tombeau du pape Alexandre VII

           C’est sous le patronage du cardinal Scipion Borghèse que le jeune Bernini commence à être reconnu comme sculpteur de talent. Son art,  baroque, est caractérisé par la recherche du mouvement, la torsion des formes, le spectaculaire et les effets d’illusions. Favori des papes, il devient l’architecte de la basilique de Saint-Pierre.

           Alexandre VII est un pape humaniste et urbaniste qui monte sur le trône de Saint Pierre en 1655. Il nomma le Bernin architecte de la Chambre charge très enviée. Il était alors au comble de la gloire.

        Le premier projet date de 1660. Ce tombeau en bronze et en marbre sera achevé en 1678. Ce pape et l’un des 147 papes enterrés dans la basilique.

       La sculpture est placée dans une vaste niche de 40 palmes surmontée d’un fronton brisé renfermant une porte. Couronnant le tout : les armoiries du pape, portées par 2 grandes ailes. Comme le monument est placé au dessus d’une porte, le Bernin élimine le sarcophage et utilise la porte comme si elle donnait accès à une chambre funéraire.

     La cohésion d’ensemble est assurée par les obliques que dessinent les axes des vertus et les plis du drap mortuaire. La profusion de couleur, les dorures et incrustations contribuent aussi à l’unité de la composition dont les 5 personnages de marbre blanc se détachent fièrement : 

         -Le Pape :  la posture du pape, agenouillé de face, la tête légèrement inclinée, privilégie le point de vue des fidèles debout dans la nef avec la lumière naturelle qui arrive vers la droite. Alexandre apparaît tête nue, regardant droit devant lui, les mains jointent en prière. La statue en marbre est deux fois plus grande que nature. La frontalité quasi hiératique lui donne un air de détachement serein : il semble prier pour l’ensemble de la chrétienté. Le priant est sur un piédestal dont la face bombée porte l’épitaphe.

        -La mort : elle nous apparaît comme un squelette en bronze doré, spectral et presque grotesque, arrivant par la porte et soulevant le drap dont elle se coiffe la tête, presque honteusement. En même temps elle tend le bras au pape. La mort fait comprendre par son sablier ou clepsydre du temps, qui c’est vidé que pour le pape le temps s’est écoulé. La mort apparaît en memento mori. Les jambes du squelette se balancent devant la porte comme une menace. L’allégorie, la fiction et la foi se rejoignent dans la création du Bernin.

      – Les Vertus : le piédestal sur lequel Alexandre est agenouillé, est entouré de 4 figures allégoriques. La disposition des 4 vertus dans les angles donne l’impression qu’on peut tourner autour du monument. Pourtant les figures du fond ne sont sculptées que de moitié.

              – L’allégorie de la Vérité se trouve au premier plan sur la droite. Elle a le pied posé sur le globe symbolisant l’univers et sert contre elle un soleil. Elle se trouve impliquée dans une évocation complexe du temps : temps biographique de la vie écoulée du pape, passage de la mort, y compris au sens propre du terme, la tombe étant placée au-dessus du passage vers une sacristie. C’est le pape Innocent XI qui demanda au Bernin de voiler la nudité de la Vérité qui le heurtait. Bernin imagina alors un voile de bronze lui couvrant la poitrine.

          -La justice est à droite en arrière. On la reconnait par son casque et son air pensif.

       -La Charité est à gauche avec un enfant dans les bras. Tout en elle conduit le regard du spectateur vers le Pape. La lumière éclaire naturellement son visage et le nourrisson qu’elle tient

           -La prudence est derrière à gauche et a perdu son miroir.

       Ce qui est entièrement nouveau dans cette œuvre c’est le motif du linceul, emblème mortuaire approprié. Les plis de cette étoffe s’enroulent autour des 2 statues placées sur l’avant et s’étirent sur les 2 bords de la niche pour aller toucher les colonnes latérales. Comme on peut s’y attendre ce lourd drapé remplit une importante fonction artistique. Le drapé crée une zone qui isole l’œuvre d’art de la banalité du monde extérieur tout en permettant de l’intégrer à son environnement. Les allégories qui s’enveloppent dans le linceul de jaspe comme dans une étoffe réelle semblent appartenir à la sphère humaine, tandis que la statue du pape posée sur son sévère socle architectural, bien au dessus de la draperie a été repoussée hors du monde du spectateur. C’est le motif de la draperie qui fait que la distinction entre la figure inapprochable du pape et les allégories humaines devient une poignante expérience visuelle.

 

1 Commentaire

  1.  
    Nauru wycieczki
    Nauru wycieczki écrit:

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