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Saint Jérôme dans son cabinet de travail, Da Messina, 1474 4 décembre, 2010

Classé dans : histoire de l'art,une oeuvre et une histoire — MyArtMag @ 13:58

Saint Jérôme dans son cabinet de travail, Da Messina, 1474 dans histoire de l'art t02-Messine

Saint Jérôme dans son cabinet de travail, Antonella da Messina, 1474

C’est une huile sur bois qui représente, au centre, St Jérôme assis sur une petite estrade qui est le cabinet de travail.

     Le cabinet de travail est un meuble de bois posé, ici, sur le carrelage d’une cathédrale. Il repose sur une estrade à laquelle on accède par trois marches et comprend principalement six casiers chargés de livres et de divers objets (surtout des boîtes et un vase), et un plan de travail dont la partie plane supporte deux livres, un encrier et une plume, et la partie inclinée le livre que le saint est en train de lire.

     La pièce est semblable à une église qui ouvre sur une activité humaine avec au centre une bay-window (ogives à double lancette).

     St Jérôme est de profil devant son pupitre, entouré de livres et de quelques ustensiles. Il s’est protégé la tête en la couvrant d’un mouchoir rouge noué aux quatre coins qui évoque la calotte de cardinal, en effet selon la légende il aurait possédé ce titre. St Jérôme est presbyte donc il tient le livre à bout de bras.

      On sait que St Jérôme est celui qui a traduit le texte Biblique de l’hébreu et du grec en Latin. On peut le croire occupé à ce travail de traduction ou bien être en train de rédiger la lettre à Eustochie : une jeune fille qui va prononcer des vœux de chasteté (la meilleure vie pour Saint Jérôme est l’isolement). Tout cela est tiré de la Légende Dorée de Jacques de Voragine. Messina a disposé les attributs du Saint : La pierre, le crâne, le chapeau de cardinal et le lion apprivoisé.

     La scène principale est représentée par un arc au premier plan qui fait comme un cadre ou une fenêtre qui invite à contempler la scène. Il y a trois éléments dans son sous-bassement : une bassine en cuivre symbolisant l’Annonciation et la purification, un paon qui  a plusieurs significations : l’immortalité céleste, l’incorruptibilité ou la vanité, et une perdrix qui est le signe du diable ou un oiseau divin.

     Ensuite, sur l’estrade, il y a deux cache-pots en cuivre rouge d’où émergent deux touffes de plantes vertes et un petit chat tigré probablement en état de sommeil léger qui est souvent symbole du diable. A droite, dans l’ombre de l’église se trouve le lion qui est le fidèle compagnon du Saint et une enfilade d’arcades éclairées au fond. A gauche, une serviette de lin bise à franges, à double bordure bistre, est pendue à un clou sur le mur : elle peut représenter la nature souillée. En haut il y a une voute gothique qui ouvre sur des oiseaux qui volent à l’extérieur, ce sont peut être les âmes.

    Les ouvertures permettent un jeu de lumière dans le tableau. En effet à gauche la voute est sombre et à droite les arcades sont  éclairées par en-dessous. La lumière doit être symbolique : la lumière qui arrive sur Saint Jérôme est surnaturelle et divine.

     A travers la symbolique des éléments représentés on voit que le sens du tableau change suivant l’axe de lecture. La Perdrix peut être vue comme l’élément charnière. A gauche il y a la ville, la serviette et le chat qui sont la tentation et la perdition et à droite le désert qui symbolise le recueillement.

La construction de l’espace est très rigoureuse et géométrique. Il a assimilé les principes de la perspective florentine. La pureté et la luminosité de son œuvre, ainsi que la fermeté de dessin lui valent un prestige considérable. On a l’utilisation de la perspective avec des éléments architecturaux et du paysage. C’est une synthèse entre la peinture flamande et l’italienne. Au Moyen Age St Jérôme est traditionnellement représenté en tête de la Bible en tant qu’auteur des préfaces et traducteur des écritures Saintes. Messina s’inspire de ces représentations.

 

Pour plus d’information je vous invite à la lecture de ces deux livres :

B. Magné,  Saint Jérôme mode d’emploi, Cahiers Georges Perec, n° 6, Seuil, 1996, p. 91-112.

G. Perec, espèce d’espaces, Paris, Galilée, 1976.

Manet van Montfrans, Georges Perec : la contrainte du réel, Amsterdam, édition Rodopi, 1999.

 

1 Commentaire

  1.  
    FOUTER Jean
    FOUTER Jean écrit:

    Merci Beaucoup

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